Invité du « Forum de l’AIP », Pr Asseman Koua a insisté sur l’enjeu d’un système de santé plus inclusif, soulignant l’importance d’une approche intégrée pour le repérage et la prise en charge de ces troubles encore méconnus dans les milieux médicaux et communautaires.
« C’est un défi pour le système de santé de donner un nom au problème de santé (l’autisme). En matière de trouble du développement, plus on détecte tôt, mieux on a des résultats qui soulagent les familles et des résultats en termes d’inclusion sociale, en termes de scolarisation de formation et en termes de qualité de vie et de productivité », a-t-il déclaré.
Selon lui, le nouveau carnet, accompagné d’un module de formation pour les sages-femmes, contribuera à une détection plus rapide. « La sage-femme est le premier contact de l’enfant avec le système de santé, et le carnet de naissance constitue sa première carte d’identité. Il est important qu’il contienne des informations stratégiques permettant de repérer précocement les troubles du développement », a-t-il expliqué.
Dans le cadre de ce dispositif, un algorithme est en cours de développement pour permettre à des médecins généralistes formés d’identifier d’éventuels cas d’autisme.
Pr Koua a indiqué que sept orthophonistes sont actuellement en fonction dans le pays, et 17 autres devraient les rejoindre en 2026. Il a également annoncé l’ouverture d’une unité de dépistage et de prise en charge intégrée au service de psychiatrie du CHU de Treichville, ainsi que la création d’un centre dédié à l’autisme et aux troubles du neurodéveloppement d’ici 2026.
Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 1% de la population pourrait être concernée par l’autisme en Côte d’Ivoire, soit près de 300 000 personnes. Une ligne téléphonique gratuite, le 143, est mise à disposition des familles pour des conseils et orientations.
(AIP)
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